

A partir de là, on peut sommairement classer en 3 catégories les problèmes et les stratégies qui peuvent être mobilisées.
1. Le problème se rapproche d'un problème dont la résolution est connue. Si l'élève est capable de le situer dans une "classe de problèmes" (explicitement ou non), la résolution peut être rapide… Le problème n'en était pas véritablement un !
2. Le problème est un problème "à étapes" dont il faut mettre à jour la chronologie (il faut planifier la résolution en sous-problèmes que l'on sait résoudre). Deux démarches complémentaires sont alors possibles correspondants à deux types d'interrogations et de déductions :
- que peut-on déduire immédiatement de ce qu'on sait (des données) ? (démarche qu'on pourrait qualifier de descendante)
- que faudrait-il connaître pour répondre à la question finale ou à une question suggérée par celle-ci ? (démarche qu'on pourrait qualifier de remontante)
- recours à des essais (hypothèses sur la réponse) et des ajustements (comme dans le problème des pièces, de la question 5) ;
- recours à des exemples et des contre-exemples dans le but de formuler une conjecture dont la validité devra être éprouvée (comme dans le problème des multiples de 4, de la question 5) ;
- recours à des exemples permettant de déboucher sur une généralisation (un exemple devenant alors prototypique) : par exemple, pour trouver combien de poignées peuvent être échangées entre 78 personnes, on peut penser à étudier le cas de 9 personnes (en schématisant les personnes par des points et les poignées de main par des traits reliant 2 points), on remarque alors que de chaque point il part 8 traits (on pense alors a 9 x8), mais on remarque que chaque trait est ainsi compté 2 fois, d'où la réponse (9 x 8) / 2 qui peut facilement être généralisée au cas de 78 personnes.
Roland Charnay

A travers les représentations des enfants on peut mieux les aider à identifier ce qu’ils ont déjà perçu d’intéressant et d’utile mais aussi ce qu’ils ont oublié, mal interprété, déformé …etc. L’enseignant, lui, peut mieux cerner aussi ce qui s’est passé dans la tête de chacun des enfants et donc les aider de façon plus appropriée. En travaillant cette phase de représentation on invite les enfants à ne pas se précipiter tête baissée dans la résolution au risque de s’y casser la figure et de renoncer.
En travaillant cette compétence on développe une attitude, un savoir faire typique de l’expert en résolution de problèmes. Le travail de représentation est un travail plutôt réconfortant…qui réconcilie en général les enfants avec la résolution de problèmes.
Françoise Lucas

- Faire lire le texte et chercher INDIVIDUELLEMENT pendant quelques minutes ;
laisser faire sur le cahier de brouillon même si les calculs n’ont pas de sens : souvent l’élève additionne les nombres dans l’ordre où ils se présentent, essaie différentes opérations… ; c’est erroné sans doute mais… dé-stressant… dans un premier temps. - Encourager, donner confiance (il n’y a pas de note, pas de sanction), insister si besoin sur le sens des opérations, faire expliciter les besoins : de quoi as-tu besoin ? Que peut-on chercher ?
Prise de conscience et analyse des erreurs (« Pourquoi as-tu ajouté les cerises et les enfants ? ») - Donner un coup de pouce sans souffler la solution : schémas, représentations, rappel d’un problème semblable déjà résolu ;
- Proposer un travail en équipe avec un autre élève ;
- Faire écrire ce que représentent les calculs et résultats trouvés (c’est difficile…) ;
- Pour les problèmes numériques les difficultés sont souvent liées au sens des opérations. Aussi est-il important d’étudier et de faire réfléchir sur les problèmes classiques, à mémoriser éventuellement, donnant du sens aux opérations.
- La technique des opérations liée à la connaissance des tables est à travailler régulièrement.
- Idem pour le calcul mental qui doit être quotidien. Pourquoi s’en priver puisque les élèves apprécient.
Quant aux problèmes de recherche, la mise en confiance est essentielle : l’élève doit pouvoir essayer, conjecturer, tester, se tromper, vérifier, recommencer, prouver… comme un petit chercheur !
Thérèse Eveilleau


La construction d’une représentation appropriée de la situation est sans doute un élément crucial : prendre le temps d’analyser le problème et faire appel à ses connaissances (pas seulement mathématiques) avant de foncer tête baissée dans des calculs qui perdent parfois tout leur sens.
Face à certaines situations, il peut aussi être intéressant de faire appel à certaines stratégies, comme la simplification des nombres ou la décomposition du problème en sous-problème. Enfin, il est également important de vérifier si la solution obtenue est plausible et de s’interroger sur la pertinence de la démarche mise en œuvre.
Annick Fagnant et Isabelle Demonty

Par ailleurs, un retour sur la (ou les) démarche(s) après la résolution, une formulation suivie éventuellement d’une formalisation sont indispensables.
Il y a des méthodes spécifiques dans le cadre de champs conceptuels précis, des « familles de problèmes ».
Exemples : le tableau de nombres, dont le tableau de proportionnalité, les segments qui représentent des quantités dans les problèmes de partage, le schéma de résolution par « la méthode des équations » la construction d’une formule, les stratégies de dénombrement, les représentations ensemblistes.
…
Françoise Van Dieren

En France, des études prouvent que les élèves sont en situation d’échec quand, lorsqu’ils sont face à des problèmes qu’ils ne savent pas résoudre, ils n’osent pas se lancer.
Comment ?
En proposant parallèlement à ces situations très structurantes , des situations de recherche que l’élève ne peut résoudre que par essais successifs pour développer l’esprit d’initiative.
Exemple de situations en cycle 3 : des problèmes que nous, adultes, résoudrions avec une équation à deux inconnues, des problèmes où il faut commencer par résoudre la dernière question avant de pouvoir répondre aux autres questions... (Voir les situations ERMEL).
Elsa Pelestor

